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Fenerbahçe-OL: en quoi ce barrage de Ligue des champions va influer sur l’avenir de Lyon
August 17, 2026

L’OL n’a jamais pris à la légère ses rencontres continentales, ce n’est pas dans l’ADN du club, quels que soient les époques et les hommes. La saison en cours ne déroge pas à la règle: "C’est depuis juillet 2025 que nous pensons à cela", avoue Moussa Niakhaté, le défenseur lyonnais avant d'affronter le Fernebahçe en barrage aller de Ligue des champions. "C’était un défi du groupe que nous n’avions pas trop voulu rendre public. Nous avons 'craqué' dans cette course à deux matchs de la fin du championnat dernier, à nous de gagner notre place face au Fener’."
Un lien entre les deux saisons qu’a posé en mai dernier, Michael Gerlinger, le directeur général, dans sa volonté de dédramatiser la 4e place, synonyme des barrages estivaux à la suite des échecs à Toulouse (2-1) et devant Lens (0-4): "La saison n’est pas terminée, nous avons quatre rencontres pour la conclure de la meilleure des façons..."
La moitié du chemin réalisée en affichant deux visages (défaite inquiétante 2-1 puis victoire sereine et efficace 3-0 au retour) face à Prague, il faut désormais écarter le Fenerbahçe d’Istanbul, une formation, sur le papier, impressionnante avec son mercato estival d’envergure: Mason Greenwood (arrivé de Marseille contre 40 millions d'euros) et Romelu Lukaku, qui complètent une belle liste de titulaires (Milan Skriniar, Marco Asensio, Mattéo Guendouzi, N'Golo Kanté, Nathan Aké ou Nelson Semedo.
Une attente sportive que souligne l’affluence inespérée dès le match retour face à Prague: dans la semaine du 15 août avec une ville déserte, les supporters s’étaient mobilisés en nombre avec plus de 52.000 personnes présentes au stade, en pleine canicule qui plus est, alors qu’une jauge tout juste dépassant les 25.000 personnes avait été redoutée! Il faut malgré tout balayer une mauvaise habitude: sur cinq barrages pour les coupes d’Europe, l’OL a connu l’échec trois fois pour simplement deux issues heureuses à l’été 2000 face à Bratislava et en 2009 face à Anderlecht où débutait un certain… Lukaku. Maribor (1999), Real Sociedad (2013) et Astra Giurgiu (2014).
Une attente sportive donc, mais économique aussi (et surtout)
Même dans ses années de gloire et des titres à répétition, l’OL était "Ligue des champions dépendante": comment imaginer que ce ne le soit plus le cas, quand on traîne une dette de plusieurs centaines de millions d’euros, alors que le train de vie doit encore être abaissé avec le 7e budget de Ligue 1 (110M d’euros)? Alors, en cette année où le club retrouvera "juridiquement" son nom historique – fini Eagle Foot, (re)bonjour OL – lors de la prochaine assemblée générale en décembre, l’hymne de la Ligue des champions aurait des airs d’une nostalgie plutôt bienvenue. S’il n’égalera pas la demi-finale de 2020 (91M d’euros gagnés au cours du parcours), le montant du chèque reversé par l’UEFA en fin de saison, sera au minimum, le… maximum de celui reçu en avril dernier avec la Ligue Europa (40M d’euros).
Avec en ruissellement une augmentation exponentielle des primes, si les planètes s’alignent. Témoin celle de victoire par match d’une compétition à l’autre: 2,1 millions d’euros en LDC contre 450.000 euros en EL.
Sans compter que les recettes billetterie sur une seule affiche de prestige dans la "grande coupe d’Europe" peuvent amener le double des quatre matchs de phase de ligue de l’an passé: Go Ahead Eagles, Bâle, PAOK Salonique ou Salzbourg n’ont attiré qu’entre 26.149 et 35.586 spectateurs officiellement pour un total cumulé de trois millions d’euros de recette.
Pour l’ultime match de Ligue des champions au Groupama Stadium, le 26 février 2020, juste avant la mise sous cloche du Covid, les 57.335 spectateurs ont rapporté un peu plus de six millions d’euros bruts dans les caisses.
Une fin de mercato "LDC dépendante"
Au coup de sifflet final, le 26 août prochain peu avant minuit, les dirigeants lyonnais entreront dans une course contre la montre de six jours – avant le 1er septembre 19h59 – pour façonner le visage définitif de la saison 2026-2027. Beaucoup de leurs emplettes finales vont dépendre de l’étage européen où jouera l’OL, dès le 8 septembre (LDC) ou lors de la 2e semaine de septembre (EL).
La Ligue des champions au calendrier: ou comment l’économique va aider le sportif. La somme des droits TV gommera l’urgence d’un transfert d’un élément "bankable" (Fofana? Sulc? Maitland Niles?) et facilitera l’attraction de cibles. Une gymnastique que le nouveau directeur sportif, Matthieu Louis-Jean a l’habitude de mener: sa gestion de l’intersaison 2025 avec épée de Damoclès de la Ligue 2, du contrôle de la DNCG mais aussi de l’UEFA sans oublier la baisse de 60% de la masse salariale le montre. Logiquement, la Ligue des champions lui donnera une meilleure souplesse en même temps qu’elle commandera un effectif plus conséquent.
En attendant, entre méformes, instance de transfert, non qualifiés, le 11 aligné en tour préliminaire rassemblait des visages connus, à l’exception de Loïs Openda tandis que les blessés de longue durée (Malick Fofana et Ernest Nuamah) faisaient office de mercato de l’infirmerie! Il en sera presque de même face aux Turcs. Mais après?
Un mercato, (parce que la Ligue Europa est assurée) que les dirigeants lyonnais ont déjà bien avancé depuis le début de la fenêtre de transfert de cet été. Le milieu danois Mads Bidstrup (Salzbourg, 10,5M), l’attaquant belge Julien Duranville (Borussia Dortmund, 5M), le Burkinabé Mohamed Ouedraogo (2,2M, Altach en Autriche), le Belge Loïs Openda (prêt payant de la Juventus, 3,5M), le défenseur autrichien Félix Bacher (4,3M d’Estoril), le défenseur suisse, Zachary Athekame (prêté sans option d’achat par le Milan) et le jeune Niçois Kail Boudache qui a signé son premier contrat professionnel.
Au total, près de 30 millions d’euros dépensés, couverts par la vente d’Afonso Moreira au Bayer Leverkusen et la manne du transfert de Bruno Guimaraes entre Newcastle et Arsenal (7,5M).
Crédibiliser la refondation de l'OL
Demain commence donc aujourd’hui, dans cette deuxième quinzaine d’août pour Michele Kang, la nouvelle patronne depuis juin dernier. Sans mettre la pression sur ses joueurs et son staff, elle dit simplement, par la voix de ses dirigeants que ces matches "sont majeurs pour le tableau de marche de la reconstruction".
Peut-être parle-t-elle de crédibilité alors que le tsunami John Textor a refroidi bon nombre de décideurs, lyonnais ou internationaux? Car en ramenant l’OL à la table des Grands d’Europe, elle rassurerait banquiers, experts-comptables et contrôleurs de gestion, de la DNCG ou de l’UEFA. L’instance européenne garde toujours sous surveillance l’OL dans un plan à horizon 2028-2029: déficit maximum de cinq millions d’euros cette saison, de 0 en 2027-2028 puis "en conformité à la règle des revenus du football", c’est-à-dire de pouvoir générer par le fonctionnement ce que tu dépenses. À défaut, une amende de 37,5 millions d’euros resterait à régler en plus des 12,5 millions déjà réglés au cours de la précédente saison.
Pour parvenir à bout de cet assainissement, elle a détaillé sa feuille de route, dans sa seule prise de parole en juin dernier, quelques heures après la validation par la DNCG de son avenir en Ligue 1, à la suite de son rachat: "Il n’est pas réaliste de dire que nous allons toujours aller en LDC et de la gagner, avait-elle simplement détaillé. Il ne faut pas avoir des hauts et des bas. Il faut d’année à année, une cohérence. Nous voulons être sur le podium en ligue française. Au niveau business, nous devons construire une équipe de manière cohérente, constante et de monter en puissance. Nous n’allons pas y arriver du jour au lendemain. Avec le plus haut des compétitions à chaque fois. Nous avons un plan pour construire une constance."
Mais si la constance pouvait commencer dès septembre 2026, Michele Kang ne dirait (évidemment) pas non: comment on dit en Américain, "mettre de l’huile dans les rouages"?
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